La trichotillomanie infantile : qu’est-ce que c’est ?

Les personnes touchées par la trichotillomanie ressentent le besoin irrésistible de s’arracher les cheveux. Les conséquences physiques immédiates sont considérables et évidentes. Certaines parties du corps, en particulier la tête, restent glabres. Chez les enfants, la trichotillomanie peut être un trouble particulièrement gênant. Il est très utile d’apprendre à la reconnaître et à la traiter. Les causes de ce trouble peuvent être diverses : génétiques ou biologiques, mais aussi émotionnelles ou psychologiques. Tout d’abord, il est important de faire la distinction entre la trichotillomanie et les autres maladies dermatologiques. L’alopécie, par exemple, entraîne également la formation de zones glabres dans le corps du patient.

Caractéristiques cliniques de l’enfance

La zone la plus touchée est la tête, en particulier le front et la zone pariétale. Mais dans le cas des enfants, la nécessité d’arracher les cheveux peut aussi s’étendre aux cils, aux sourcils et au pubis. Après s’être arraché les cheveux, l’enfant les utilise généralement pour jouer avec. D’autres les collectionnent pour en faire des petites serrures ou des boules. D’autres les mettent dans leur bouche, ou les cassent en petits morceaux. S’il a peur d’être puni, l’enfant a tout simplement tendance à les ramasser et à les jeter ensuite. Souvent, le trouble s’accompagne d’une trichophagie : le désir de manger des cheveux ou des poils. En plus d’aggraver le diagnostic, la trichophagie peut également provoquer des problèmes digestifs. Ils ne doivent pas être sous-estimés, car ils peuvent aller de la nausée et des vomissements à de graves obstructions.

À quel âge apparaît la trichotillomanie infantile

Si elle apparaît dans la petite enfance, elle se déclenche généralement avant l’âge de 2, 3 à 4 ans. À ce stade de développement, la nécessité de s’arracher les cheveux peut être une simple habitude pour l’enfant. De même, par exemple, il a tendance à sucer son pouce. Cela est dû au fait qu’à cet âge, les enfants ne sont pas conscients de leurs besoins compulsifs.

Manifestation de la trichotillomanie

Il est normal qu’elle se manifeste dans les périodes de tensions familiales parents en instance de séparation, discussions constantes. Mais aussi lorsque l’enfant est détendu, par exemple allongé sur le lit ou le canapé, qu’il s’ennuie et qu’il est fatigué. Il est donc important de stimuler l’enfant et de l’empêcher de développer des mécanismes qui sont nuisibles à sa santé physique et mentale. Chez l’adulte, ce trouble peut résulter d’une tension excessive, de l’anxiété ou du stress. Ou selon le modèle dit automatique dans 75 cas et plus, en raison de la fatigue, de l’ennui ou de périodes prolongées de sédentarité. Selon le niveau de conscience pendant l’action, il est possible de distinguer deux types de patients. Il y a des patients qui s’arrachent les cheveux et les poils de manière consciente mais compulsive en réponse à des émotions négatives. D’autres, en revanche, le font automatiquement, inconsciemment, souvent lors d’activités sédentaires.

Symptômes

Outre la compulsion d’arrachage, la trichotillomanie est définie par les critères suivants :

  • Un caractère obsessionnel, c’est-à-dire une perception d’une tension croissante avant l’arrachage et en cas de résistance au comportement d’arrachage,
  • Une sensation de soulagement après l’arrachage et une extinction de la tension
  • L’absence d’autres troubles mentaux ou affections dermatologiques comme la pelade, pouvant causer ce comportement,
  • Des difficultés ou des répercussions sociales ou professionnelles exprimées par le patient.

Cause

Il n’y a pas de cause unique pour expliquer ce trouble. Les déclencheurs sont multiples et dépendent de l’individu. Cependant, on peut se référer à un ensemble de facteurs psychologiques, génétiques, biologiques ou environnementaux. Par exemple, elle se manifeste si les parents ont souffert du même trouble ou en raison de l’absence ou de l’excès d’un neurotransmetteur spécifique. Ou simplement comme conséquence de variables externes : tensions familiales, stress, dépression, sentiment de privation émotionnelle. Chez l’enfant, la trichotillomanie est souvent liée à un stress et fait donc partie des symptômes d’anxiété. D’autres facteurs interviennent dans l’apparition du trouble comme l’hérédité, ou chez la femme, le cycle menstruel. En effet, une recrudescence des symptômes de la trichotillomanie est observée à la période menstruelle

Comment reconnaître la trichotillomanie chez les enfants ?

L’aspect le plus évident est certainement la formation de zones glabres dans la tête. Cela conduit l’enfant à s’isoler ou à développer certains complexes. Si les troubles se poursuivent, les zones touchées pourraient également être affectées par des blessures, avec un risque d’infection. Les parents doivent donc reconnaître le trouble. Si votre enfant a tendance à manger des cheveux arrachés, des troubles intestinaux ou des maux d’estomac peuvent également apparaître. Un autre symptôme de la trichotillomanie est une tendance à tirer ou à tordre les cheveux. Souvent, l’enfant nie même l’avoir fait. Généralement, ces comportements sont précédés d’une augmentation de la tension chez l’enfant ou d’autres comportements d’automutilation.

Traitement

Dans la plupart des cas, la trichotillomanie infantile se résorbe avant que l’enfant ne commence l’école. Néanmoins, le soutien des parents est toujours important. Leur tâche consiste à sensibiliser l’enfant au problème et à l’aider à abandonner un comportement préjudiciable. Si la situation ne s’améliore pas, un traitement pharmacologique ou psychologique est possible. Les thérapies cognitivo-comportementales sont particulièrement utiles dans ces cas. L’objectif est d’éliminer l’habitude de s’arracher les cheveux. Cela se fait en renforçant les comportements alternatifs qui sont incompatibles avec le trouble, mais qui sont plus adaptables et appropriés. Les formes sévères de trichotillomanie nécessitent une prise en charge adaptée : elle repose principalement sur une psychothérapie comportementale dite TCC ou Thérapie Cognitivo-Comportementale destinée à rééduquer le patient face à son anxiété. La prescription de psychotropes de type antidépresseurs peut être associée dans les cas sévères mais leur efficacité est mal démontrée dans la trichotillomanie

Le Minoxidil est le traitement le plus efficace contre la chute des cheveux. Cette lotion, préconisée à 2 % pour les femmes et 5 % pour les hommes, est disponible sans ordonnance. Si ce médicament peut effectivement favoriser la repousse, il ne fera pas de miracle tant que le patient ne sera pas traité psychologiquement car c’est là la véritable source du problème.

Diagnostic

Le diagnostic de trichotillomanie se fonde sur l’interrogatoire et les signes cliniques d’une part, et sur les observations de l’entourage du patient d’autre part.